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mardi 16 décembre 2014

Météores Météora



Il y a 5 ans, quand j’étais partie visiter la Grèce en voiture avec Claire pour couper entre les deux années de prépa, nous étions passées dans les Météores, émerveillées par ces formations rocheuses. Je m’étais dit : « Il faudra revenir faire un trip Kalymnos-Météores ». Kalymnos c’est fait. 

Monastère de Varlaam
Photo : Seb Laurent

On poursuit donc le voyage en comité réduit, Seb, Salomé, Marion et moi.

Monastère d'Agios Nikolaos
Photo : Seb Laurent
 
Ce qui change par rapport à Kalymnos :
- les chats se sont transformés en chiens
- l’équipement des voies est un brin plus espacé, le rocher plus douteux et les cotations... différentes !
- on mange encore mieux et pour encore moins cher
- l’ambiance et l’atmosphère du lieu est tout autre...
- il pleut !

Pillar of Dreams pas vraiment en condis...
 
Bref, malgré la pluie de la première nuit et un but au pied de Pillar of Dreams, vert de mousse, nous revoyons nos objectifs et optons pour Egg Dance. 

Egg Dance et son passage à enjamber
Photo : Seb Laurent
 
Cette voie de 130 m est caractérisée par une dernière longueur passant d’une tour de conglomérat à une autre. Difficile de se faire une idée de la taille de l’enjambement du sol... On verra là-haut.


Marion dans la première longueur
Photo : Seb Laurent

La grappe au premier relais !
Photo : Seb Laurent
Pour cette première voie, Seb en bon guide expérimenté, nous emmène toutes les trois en ribambelle au bout de sa corde ! On profite de la grimpe sans trop se soucier de l’équipement.


La grappe à l'assaut de la seconde longueur
Photo : Seb Laurent
 
Seb dans la fissure large de L3

Pendant qu'à R2, la vie est belle !
 
Puis arrive ce fameux pas d’enjambement. Seb, grand, se met plutôt mal et ce n’est pas pour nous rassurer !   En tête ou en moulinette, ça ne change finalement pas grand-chose. Si tu tombes, tu te cognes d’un côté ou de l’autre. 

Seb après le passage critique

Et content de ne pas être tombé !
  
Honnêtement, je n’ai jamais eu aussi peur dans un pas de grimpe ! J’ai envoyé la mauvaise jambe (la droite) si bien que je me suis retrouvée en grand écart au-dessus du vide avec le vent qui me faisait tanguer ! Un bon et long moment ... avant de prendre son courage et son gainage à deux mains pour ramener la seconde jambe sans tourner du mauvais côté!

Le fameux passage
Photo : Seb Laurent

Petit conseil, envoyer la jambe gauche en premier permet de ramener la suivante beaucoup plus facilement que l’inverse !!
 
L'arrivée au sommet pendant que Salomé attend son tour
Photo : Seb Laurent

Marion et Salomé se débrouillent bien sur ce passage malgré quelques sensations pour elles aussi. Puis on termine par une jolie fissure raide avant d’atteindre le sommet. Pour une première voie dans les Météores, on n’est pas déçus !

Cours de lolotte avant le rappel
Photo : Seb Laurent
 
Les jours suivants nous apportent de la pluie. Nous testons les restaurants du coin et découvrons l'adresse à ne pas manquer : Plakias à Kastraki. Auberge très chaleureuse où nous sommes revenus quatre soirs d'affilée et où à chaque fois nous avions droit à de petites attentions particulières. Le quatrième soir, nous nous faisions offrir un dessert, du vin, deux digestifs par personne et le sourire de nos hôtes.
On en profite pour visiter le monastère Aghia Triada qui servit de décor à « Rien que pour vos yeux ». Après avoir visionné le James Bond la veille, cette visite nous a une toute autre saveur !

Le monastère d'Aghia Triada
 
Encore de la pluie et nous optons cette fois pour un site de couenne à proximité de Kastraki : Mouzaki. Des colos en dévers, assez intenses et de belles envolées en dalle. Là encore on se dit que le temps des voies à Kalymnos est bien loin.

Une balade humide...

Enfin, nous avons droit à une journée grise mais sèche. Toutes les tours ne sont pas praticables mais nous trouvons notre bonheur à Doupiani. Avec Seb nous partons dans Duett 7a, 155m pendant que Marion et Salomé s’offrent l’arête de Doupiani, Pantokratoras 6a+, 125m. 

Salomé dans l'une des longueurs typiques de Doupiani
 
Comme d’habitude, les points ne sont pas à côté, le rocher nécessite de l’attention mais la voie est globalement bien équipée. Des points au niveau des pas durs et de l’espace dans les fins de longueurs en général. Une erreur de lecture du topo au niveau de la longueur en 7a nous emmène dans une variante en dièdre sensiblement aussi difficile voire plus et nous retrouvons notre itinéraire dans la dernière longueur à peine moussue.

Au départ de L3 en 6c
Photo : Seb Laurent
Le dièdre de notre quatrième longueur en 7a/b
 
Pas grand chose dans les mains dans L4
Photo : Seb Laurent

Heureusement la dernière longueur est plus facile !

Nous terminons cette journée avec l’ascension de The Bell par la voie Pathfinder 6b+, 100m. Trois longueurs qui montent crescendo en difficulté. Seb et Marion passent devant et nous suivons en réversible avec Salomé pour nous retrouver tous les quatre au sommet de cette jolie voie.
 
Au sommet de The Bell

Nous filons le soir même en direction d’Athènes dans le but de grimper à Mavrosouvala mais là encore, la pluie nous emmène directement au musée de l’Acropole qui fut une superbe alternative.

La face de Doupiani avec deux grimpeurs sur son arête

En attendant l’avion, nous visitons le petit site de Vrachokipos, sympathique et teigneux, proche de l’aéroport mais qui rivalise difficilement avec tous les autres sites et belles voies que nous avons pu rencontrer ces trois dernières semaines.

Le Grand Monastère
 
La météo nous a empêché de profiter pleinement des voies que proposent les Météores mais nous avons pu néanmoins nous imprégner du cadre enchanteur des lieux. Il n’y a plus qu’à revenir !

mercredi 19 novembre 2014

Kalymnos ou le Disneyland des grimpeurs


Ca fait bien longtemps que j’entends parler de Kalymnos, que j’ai envie d’aller voir cette petite île mais l’occasion ne s’est jamais présentée. J’en ai entendu parler en bien : « c’est le paradis des grimpeurs, belles voies, confort et luxe du logement (pour un grimpeur entendre, basiquement, lit et douche !), on y mange bien, etc… ». Mais j’en ai aussi entendu parler en un peu moins bien : « c’est blindé, les voies sont patinées et bourrées de magnésie, les cotations ne veulent rien dire, etc… ». Il était temps de se faire sa propre opinion. J’y suis donc partie avec certes quelques préjugées mais sans vraiment savoir à quoi m’attendre.



Un petit tour à Athènes en attendant l'avion pour Kalymnos

Salomé à proximité de l'Acropole
 
On  est parti avec une bonne bande : Marion, Salomé, Amélie, Anne, Fred et Seb. Pas de quoi s’ennuyer mais du monde à loger ! Notre première erreur a été de nous y prendre un peu tard pour notre réservation de logement. Et oui, Octobre est l’un des pics de saison pour la grimpe, avec le printemps, et les appartements sont pris d’assaut. Après de nombreux mails et quelques faux espoirs, on finit par confirmer à Atlantis Hotel. Ce petit hôtel familial de Myrties se révèle être un très bon choix : à  l’écart des bars et de l’ambiance touristique de la grande rue de Masouri, un tarif très raisonnable (10€/pers/nuit), une terrasse commune agréable et flexible et un accès au port pour les départs matinaux à Telendos des plus rapides.


Un aperçu du patio
 
On découvre avec enthousiasme les différents secteurs : Iannis, Grande Grotta, Spartacus, Odyssey. L’escalade y est, il faut le dire, incroyable. Des colonettes, des chiches, des patates, appelez les comme vous voulez, qui pendouillent de partout ! Il faut apprendre à regarder derrière soi s’il n’y a pas une prise, s’habituer à coincer un genou par ci, un dos par là ou bien carrément s’assoir. C’est sacrément ludique et hors du commun! On se fait plaisir ça c’est évident.


Amélie perdue dans les colos de la Grande Grotta
Ca force dur dans Priapos !
 
Nos soirs consistent à tester quotidiennement un nouveau restaurant/une nouvelle daurade. Cure de poissons !  La mention spéciale est donnée au resto Panos et sa gérante hyperactive et souriante. Oui il faut le noter car le tourisme de masse a quelque peu blasé certains des commerçants si bien qu’il est parfois difficile d’avoir un renseignement ou un service d’une manière agréable… Dommage !


Un coucher de soleil de l'hôtel
 
Pour ce qui est de Panos, ce restaurant aux couleurs rouge orangé est vraiment un must ! L’ambiance est chaleureuse et surtout on y mange bien ! A Kalymnos, il faut savoir que la commande d’un plat implique quasi systématiquement la présence d’un dessert et voire également d’un apéritif. Chez Panos, la distinction se fait dans le dessert, un gâteau fait maison différent chaque soir tandis que les autres restaurants proposent des sortes de beignets à l’huile… et un peu au miel (!), et dans l’offre  de boissons gratuites (vins ou bières en fonction de nos commandes du soir) pour terminer dignement le repas. Bref, n’hésitez pas et allez-y les yeux fermés mais pas trop tard sous peine de ne plus avoir de place !



Le pas dur de Priapos 7c

En parlant de tourisme de masse, c’est peut-être ce qui choque le plus quand on débarque à Kalymnos. La rue principale de Masouri n’est qu’une succession de restaurants, magasins de souvenirs ou shops pour grimpeurs. On est loin des petits villages typiques des iles grecques… Ici, le grimpeur consommateur est roi et ce jusque dans la grimpe.


Seb dans Ivy 7b : Kalymnos, photo typique!
 
Avec le passage, les voies sont marquées et surmarquées rendant les à vue relativement faciles au même titre que certains sites espagnols. Néanmoins, faire des croix à Kalymnos est encore plus aisé qu’en Espagne. L’escalade n’est pas du tout exigeante, les pieds sont globalement énormes, les prises de main également ce qui explique peut-être la grande réussite de tout grimpeur ayant uniquement grimpé en salle avant sa première sortie en falaise à Kalymnos !


Amélie dans Priapos
 
Nous ne faisons pas exception : Marion réalise son premier 7a à vue, Salomé une ribambelle de 7a+ et 7b, Seb son premier 7c flash, Amélie et Fred un paquet de 7b+ et 7c et moi plusieurs 7c et 7c+ à vue.

Seul au monde à Secret Garden...

Ce qui choque également, mais c’est l’un des travers de la surfréquentation et du succès de Kalymnos, c’est l’ambiance générale sur l’île. Comme chaque grimpeur vient en groupe et loge soit dans un appartement soit à l’hôtel, il y a peu d’échange, quasiment aucune retrouvaille avec les gens rencontrés la journée, occupés à courir d’un secteur à l’autre pour repérer une voie libre et globalement très peu de partage entre grimpeurs puisqu’il n’y a pas le temps de s’arrêter pour discuter, il faut d’ors et déjà prendre son ticket et attendre pour la prochaine voie ! Heureusement, on arrive à conjurer le sort en rencontrant des autrichiens sur un secteur isolé qui obligent, de fait, les grimpeurs au confinement et donc à l’échange. Et pour la première fois en 10 jours, on passe la soirée avec des étrangers !


Salomé sous le soleil matinal à Télendos
 
 Pour changer d’air, nous partons une journée sur l’île de Telendos, juste en face de Masouri. Levé matinal pour en profiter un maximum. Nous sommes les premiers sur l’île et pour la première fois sur place, nous ressentons un réel sentiment de liberté. La visite de cette petite île est vraiment à faire et nous envisageons pour une prochaine venue, de dormir sur place et de passer des journées à Kalymnos, plutôt que l’inverse !


Le cratère de Sikati

Amélie dans le 7c classique Sikati Cave
 
Enfin, nous terminons la découverte de Kalymnos par la location d’une voiture et des classiques scooters. Nous nous rendons au « nouveau » secteur de Secret Garden, toujours pas dans le topo mais déjà surfréquenté. Il faut dire qu’il vaut le coup en cette période de l’année : à l’ombre toute la journée et proposant des voies de qualité.  Nous allons également admirer le cratère de Sikati Cave pour une dernière journée de grimpe prolifique et nous nous évadons du tumulte de Masouri pour visiter le petit port de pêche de Vathis.

Seb dans Bourrée mais pas pleine 7b+ à Secret Garden

Caro dans Kaly Diva 7c

Amélie dans Puffa puffa puffa 7c
 
 Finalement Kalymnos est une belle destination grimpe, quelque peu hors du commun, qui offre du confort et peut satisfaire aisément les besoins d’une famille avec enfants en bas âge. Mais il faut être préparé à l’ambiance consommation d’une Côte d’Azur estivale. On est loin de l’atmosphère fanatique et plus roots de l’Espagne et il faut avoir bien conscience que ce n’est pas ce que l’on vient chercher à Kalymnos pour ne pas être déçu !


Une belle fin de séjour à Secret Garden
 

mardi 28 octobre 2014

Gastronomie béarnaise et catalane


Voilà près d’un mois que les études sont finies, stage et soutenance validés. Alors en attendant d’avoir le diplôme bien en main, j’en ai profité pour repartir me balader.
 
Retrouvailles des copains du coin
 
Tout a commencé sur les chapeaux de roues par les 24h du Mur à Oloron, dans mon cher Sud-Ouest. Une compétition festive toujours aussi plébiscitée ! Cette année j’y entraîne des amies peu habituées des compétitions, Marion, Salomé et Jeanne, et force est de constater que celle-ci les a complétement convaincu !
 
Repas festif
 
On a autant grimpé que bu du Jurançon et c’est peu dire aux vues des courbatures et de notre semaine d’ascétisme qui a suivi ! Je termine 10 ème en réalisant un 8a+ en mur vertical, les dévers m’ayant moins convaincu étonnamment… Dans tous les cas, la croix de la soirée a été celle de la piste de danse, une croix qui vaut beaucoup de points hors compétition ! ;)
 
Alors que Pippa nous arbore son plus beau déguisement !
 
A peine les finales, aussi spectaculaires que réussies, terminées, bravo aux ouvreurs, nous filons vers l’Espagne la bien-aimée et Margalef. Le stock  a été fait à l’usine Lindt et c’est avec 2 kilos de ce doux chocolat que nous roulons gaiement vers le temple catalan des bi-doigts. Sur place j’y retrouve l’équipe Simond pour trois jours de photos et vidéos sous la pluie, le soleil, le brouillard. Rien ne nous arrête. Mais connaissant le talent de nos deux adeptes du boîtier, Sam Bié et Bertrand Delapierre, le résultat devrait être plutôt réussi malgré les conditions !
 
Des conditions certaines...

  C'est le temps idéal pour repérer des projets pour Novembre prochain, à l'abri de la pluie sous les dévers de la Finestra.


El Fustigador en repérage
Photo : Sam Bié

El Fustigador entre deux coulées
Photo : Sam Bié

Pendant ce temps, mes acolytes d’Oloron, accompagnées de Pippa, dégustent du Lindt à tous les repas ou des figues ou des amandes, récoltées au fil des secteurs : un vrai régime d’athlète ! On grimpe encore trois jours et on découvre notamment la nouvelle petite barre à gauche d’Espadelles, équipée il y a un an. Elle offre une escalade courte et rési avec un rocher encore assez abrasif pour les doigts et croustillants pour les pieds mais c’est du pur Margalef style et a le bon goût d’être orientée Est ce qui permet de jongler avec Espadelles classique pour éviter ou non le soleil !
 
Jurançon et patatas bravas, un mélange détonant
 
Notre séjour catalan se termine par une soirée internationale où catalans, allemands et français se retrouvent autour d’un verre de Jurançon, fraichement rapporté des 24h du Mur. Le boucle est bouclée, il est temps de repartir en France avant un nouveau départ, en Grèce cette fois.