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vendredi 26 juillet 2019

Sardaigne


               Après maintes hésitations entre la Corse et la Sardaigne, et vu mon pied en compote, on se dit qu’il y aura certainement moins de marche en Sardaigne - car c’est sûr en Corse il faut marcher ! – qu’il y aura sûrement plus de secteurs à découvrir vu qu’on n’y est jamais allé et qu’on pourra plus varier entre couenne et grandes voies. Sans compter l’aspect voyage et trip itinérant en camion qui nous attire bien !
Un spot de rêve
Outch
               Bon, en Sardaigne, il faut aussi pas mal marcher pour aller faire de grandes voies et pour la couenne… également ! Pour le coup, il y a plein plein plein de secteurs à découvrir, presque trop !! Et c’est tout à fait possible de varier les plaisirs mais l’approche reste au cœur du problème pour moi. Quant au trip itinérant camion, on a été servi ! C’était juste parfait !
Au départ de Toulon
Résumé :

Vu l’épaisseur des deux tomes du topo Pietra di Luna, on se dit que 15 jours sur place seront forcément trop courts. Le dédale de recherches de secteurs commence sur le ferry. Le topo ne se laisse pas facilement apprivoiser quand tu n’as pas la carte de la Sardaigne imprimée dans la tête avec les villes principales. Et vu la quantité de secteurs proposés, il est difficile de faire un choix car à chaque description, Maurizio Oviglia suggère que le site mérite le détour ! ;)
Une architecture particulière !
               Les clefs d’entrée seront donc les longueurs d’approches, la plupart du temps sous-estimées il faut le mentionner, l’orientation du secteur et les voies proposées + les quelques noms évoquant quelque chose dans notre univers de grimpeurs.

Linka découvre les joies de la Via Ferrata
                C’est donc tout naturellement que nous nous dirigeons vers Cala Gonone pour grimper à la grotte Millenium. L’approche en béquilles met bien dans le bain de l’effort, Linka découvre les joies de la Via Ferrata assistée et Alex les sensations effrayantes de grimpe sur fragiles colonnettes et points corrodés si bien que la chute semblait plutôt à proscrire. Nous sommes emballés par le lieu et l’escalade proposée mais pas par l’équipement et décidons donc qu’une journée ici suffit !
Et ça lui permet de regarder le paysage !
              Nous doutons que les autres secteurs de Cala Gonone soient mieux équipés et prenons la direction du Sud en se disant qu’on y reviendra peut-être. Mais il y a tellement de choses à faire et à voir qu’il est difficile de revenir sur ses pas… On le remarquera par la suite !
Genna Groce
               La face qui m’attire est la Punta Giradili. Sur le chemin, nous arrêtons sur un secteur d’altitude tout en fraicheur : Genna Croce. Le style et le cadre me rappelle Ablon. C’est exigeant et là encore il n’y a personne.
Petite baignade...
...Au pied de la Punta Giradili !

Le soir nous trouvons le spot idéal pour dormir, au bord de la mer, où les chiens sont autorisés et avec vue sur la majestueuse Punta Giradili. Malheureusement, l’approche ne s’est pas réduite en 2 jours et ne pouvant toujours pas appuyer sur le talon, je n’envisage pas 1h30 de béquilles pour accéder au pied. Nous optons donc pour une voie plus courte mais avec surtout aucune approche, dans un cadre prodigieux et proposant une superbe escalade : Marinaio di Foresto, 6a+ max. Voie à conseiller à tous les amoureux de belle escalade tranquille !
Grande voie avec vue...
Marinaio di Foresto
On aime tellement le coin qu’on y reste quelques jours en grimpant sur les sites de couennes alentours comme Villagio Gallico et en disant aux copains Cédric et Pauline, rencontrés sur le bâteau, de nous rejoindre au plus vite. C’est là que je regrimpe finalement en tête après avoir repéré la longueur en moulinette. Serrage de prises de rigueur et pas de chute au compteur : tout va bien !
Ulassai
Puis nous filons à Ulassai qui est d’après de nombreux copains, le site de couennes de Sardaigne. Nous découvrons sur place un petit village charmant, une belle communauté de grimpeurs avec comme lieu de retrouvailles le refuge Nannai et une énergie débordante et passionnée pour l’escalade et la culture outdoor. Nannai me rappelle à la fois le camping Climbers Garden à Geyik Bayiri, le bar Panjika à Léonidio et le refuge Kalandraka à Rodellar. Ce genre de lieu qui vibre de la passion pour l’escalade et du bonheur de la partager dans le respect de la nature qui nous accueille. Pour la première fois, nous rencontrons des grimpeurs à la falaise !
Alex à Cave of Dreams
Caro à Su Fundu

Nous grimpons au secteur Canyon, Cave of Dreams et Su fundu où je me surprends à faire des 8a au 1er essai après un repérage en moulinette et des 7c à vue directement en tête. Toujours pas de chute au compteur !! Ouf ! L’escalade est verticale ou léger dévers sur réglettes ou trous. Le style de grimpe et la disposition des secteurs ont un petit air de Siurana. Le reste du temps c’est pétanque tout terrain autour du camion et chill. De vraies vacances !
Un squatt bucolique !

La pluie nous pousse à changer d’endroit et nous choisissons de découvrir une nouvelle zone des secteurs de couennes remplies de grottes : Domusnovas. On trouve là encore un super spot camion et ce n’est pas plus mal car la pluie ne s’arrête pas pendant 48h ! On essaye de grimper dans la grotte de Canneland mais on n’a rarement des conditions aussi glauques !! Les combats apparaissent pour ne pas glisser sur les bacs des 7a+. Ce n’est pas de la grande escalade mais on s’amuse bien !
48h dans le camion...
Faut bien trouver quoi faire !

Quand le soleil réapparaît enfin c’est comme si nous éclosions comme des fleurs. Le moral des troupes remonte instantanément ! Nous souhaitons visiter une mine, activité principale de la région mais décidément Mai n’est pas une période touristique pour la Sardaigne. Nous filons donc vers Capo Pecora qui semble un endroit calme et préservé agrémenté de quelques bouts de caillou pour notre plus grand bonheur.

Un bel endroit...

Tout le monde pose

Même Pincho !

Pauline, pure bloqueuse dans l’âme, est ravie et passe la journée à courir de blocs en blocs. Alex se prend même au jeu d’essayer un passage qui lui résiste. C’est fou comme avec un peu de magnésie, un rocher d’apparence quelconque prend de l’ampleur. Je joue aussi sur les blocs mais une micro chute sur le pied me rappelle vivement à l’ordre. Le bloc n’est pas encore une activité pour moi.
Compression

Pauline

Petite arête
Cédric
Compression plus dure !
Capo Pecora propose aussi plusieurs secteurs de trad en bord de mer. Les accès ne sont pas toujours évidents et l’ambiance avec les vagues qui déferlent à côté de nous est prenante. Nous sommes aux anges ! Après quelques couennes, nous remontons avec Alex un pilier en 3 longueurs avec le coucher de soleil en fond. Pendant ce temps, la marée monte au pied de la voie et Cédric et Pauline sauvent toutes nos affaires avant qu’il ne soit trop tard ! On ne s’improvise pas grimpeur de bord de mer ! ;)

Capo Pecora

Trad

Reflexion
Linka au paradis !
Retour tardif

Pour le dernier jour de Cédric et Pauline, je repère un secteur prometteur d’après la photo : Sardus Pater. Là encore, l’accès se révèle laborieux et bien plus long que ce que mentionne le topo. Sur place, la déception est présente car le site en plus de paraître bien plus petit que la photo, semble laissé à l’abandon et ne pas avoir été pratiqué depuis des mois. Nous persistons tout de même et découvrons de très jolies voies. Il faut défricher et nettoyer mais derrière les longueurs sont d’une belle qualité.
Pied de falaise chaotique

Alex dans Tiu Peppe 7c+
 
Cedric dans Tiu Peppe 7c+

Caro dans Tiu Peppe 7c+

Globalement c’est ce que nous avons ressenti durant tout le séjour. Il y a beaucoup beaucoup de secteurs et certainement pas assez de grimpeurs sur l’île pour pratiquer les voies et entretenir les secteurs. Toutes les voies que nous avons faites étaient belles c’est sûr. Mais il y a souvent uniquement 2 à 3 voies intéressantes par secteur. On ne retrouve pas, comme en Espagne, un site phare avec une quantité de king lines, à part peut-être à Ulassai. Alors nous n’avons pas tout vu des secteurs de couennes de Sardaigne et nous avons peut-être raté le site rassemblant toutes ces voies. En revanche, la Sardaigne se prête à merveille au voyage itinérant en camion, au dépaysement et paysages changeant en peu de kilomètres. Je vous conseille d’aller là-bas dans cette optique du voyage, comme nous l’avons fait, plutôt que dans une optique d’escalade pure et de performance où vous risqueriez d’être déçu.
Sardus Pater

Easy game !
Mon principal regret en Sardaigne est de n’avoir pas pu parcourir les nombreuses grandes voies qui m’attiraient l’œil. Il y a es murs immense à perte de vue mais ils se méritent. Cette blessure au pied en aura décidé autrement pour cette première visite et m’incite donc à revenir pour découvrir ces faces pleine d’ampleur !
Pan de Azucar

Porto Flavia
Pour finir notre voyage, nous retournons au site de Porto Flavia pour visiter la mine sur laquelle nous avions buté précédemment. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment une mine mais un port et lieu de stockage des minerais construit sur la base d’une mine pour accélérer la productivité de la région et s’astreindre de délais de transports monstrueux pour atteindre un autre port quelques dizaines de kilomètres plus au sud. Le créateur de ce port forge le respect : avoir eu l’ingéniosité d’utiliser le terrain et la proximité du Pan di Zucchero et s’adapter aux contraintes techniques en 1922 laisse songeur. Ca vaut le détour !

Et toujours de belles rencontres !




jeudi 6 décembre 2018

Les Yeux dans le Bleu à la Paroi d'Anterne



Il y a encore des étoiles dans mes yeux en repensant à cette journée d’automne. Le genre de journée que la Haute-Savoie nous offre parfois en octobre, il faut juste savoir la saisir. L’an dernier j’en avais profité pour passer une belle journée en altitude dans Digital Crack. Cette année, les Fiz sont sèches et me narguent encore de ses hautes parois. 3 ans que j’ai envie de rendre visite à la paroi d’Anterne, depuis que j’habite au pied.

Le topo des Yeux dans le Bleu fait par Robin Revest
Savoir saisir sa chance mais aussi savoir la provoquer : « Tu serais assez fou pour venir de Nice te mettre une mission à la paroi d’Anterne dans la semaine ? ». J’ai tapé à la bonne porte au niveau de la folie et de l’envie de grimpe, Alex est motivé pour les Yeux dans le Bleu !

L1 7b+
  Je ressens encore l’appréhension et l’excitation lors de la préparation, synonymes pour moi de journée importante et audacieuse. Appréhension car en octobre, le refuge Wills est fermé. C’est soit le refuge d’hiver, synonyme de poids en plus, soit une grosse journée voiture-voiture avec une longue approche à rajouter à la grimpe. Faut-il rappeler que la marche est loin d’être mon fort ni ce que je préfère…. ?

L1 7b+ avec un rayon de soleil
 Après concertation, nous optons tout de même pour la deuxième option, choisissant le confort d’une bonne nuit dans le camion au détriment de mes petites jambes. Mais des fois, l’envie est plus forte. Malgré le départ à 5h du parking et les 3h d’approche, je ne vois pas trop passer le temps et pour une fois ne subit pas la marche ! #unbelievable 

Fin de L2 6c
Alex commence dans la première longueur qui se trouve être déjà une bonne entrée en matière à froid. Je poursuis et comme souvent quand la cotation est plus facile, les points disparaissent. Le choix entre une fissure ouverte et herbeuse et une dalle compacte et, il faut le dire un peu glissante, mais amenant directement au point suivant, est cornélien. J’opte étonnamment pour la fissure et me retrouve à engager une traversée/redescente délicate vers ledit point… Gloups ! Ça commence fort !

L3 7c en plein gainage pour ne pas tourner
 Nous poursuivons ainsi en réversible dans ces dalles grises couverte d’une couche de je-ne-sais-quoi qui rendent les adhérences précaires en termes de sensations. Pas de zipette à déplorer pour ma part mais le ressenti oblige un gainage supplémentaire, au cas où… Le rocher, dans cette partie basse, a décidé de se former à la verticale et en pente : pas une seule prise franche à l’horizon et un enchaînement de déséquilibre vers la droite. C’est un peu comme si les prises étaient les gonds d’une porte et la porte, ton corps. Constamment !!

Lecture à gogo pour L5 en 7c/+
 A ces difficultés techniques s’ajoute la lecture qui n’est pas évidente. Evidemment, il n’y a pas une trace mais c’est aussi pour ça qu’on est là… La lecture est complexe car la voie est continuellement en traversée. Pas une seule longueur ne va tout droit. Il faut alors choisir entre passer au-dessus du point ou en-dessous. L’apothéose a lieu dans la 5eme longueur en 7c/+ où Alex décide par le haut. Il erre peut-être 5 min à monter descendre, sans trouver la clef, pour finalement s’engager et casser une micro prise d’équilibre de pouce. Chute en trav’ et le doute s’immisce en moi nos chances de réussite car je me dis que s’il ne passe pas, je n’ai aucune chance non plus. Finalement, le passage par le bas était plus aisé et logique et je m’étonne, avec les prises marquées, à enchaîner toute la section retors et la fin de longueur, évitant par la même occasion, un pendule désagréable ! C’est incroyable comme la difficulté est changée quand le décryptage et l’indication des préhensions sont déjà faits. Qui plus est dans ces styles à errance suprême où la moindre aspérité peut sauver un passage ou le compromettre si elle souhaite garder l’anonymat calcaire.

Fin de L6 7b avec un beau paysage
 Avec tout ça, nous n’avançons pas bien vite et nous commençons à douter de notre sortie avant la nuit si nous n’accélérons pas un peu. Sachant que la retraite est difficile avec le socle schisteux, cette nouvelle sensation de doute et d’incertitude rajoute un peu de pression à l’entreprise.

Heureusement, nous touchons à la fin de la partie grise et une partie plus raide sur rocher jaune à crépis s’offre à nous. Le style change radicalement. Les prises sont plus franches et la lecture bien plus aisée. Il en résulte que nous sommes bien plus rapides ! Ouf !

Début de la trav de L7 7b
 Arrive alors une longueur un peu redoutée, la 7eme longueur en traversée en 7b. 15 mètres en traversée pour 4 malheureux mètres d’altitude gagnés ! Pas très rentable cette histoire ! En tête ou en second, la peine est la même. C’est au tour d’Alex d’aller devant. Au jeu des redescentes la lecture reste laborieuse et malgré l’expérience, il subit le réversible qui impose d’enchaîner deux longueurs d’affilée. En un vol, retour au relais ! Maintenant que le vol est démystifié et le crux à peu près repéré, il repart et enchaîne la longueur. Pour autant, je n’ai pas forcément envie de tester le plomb en second… Je serre les prises plus que jamais et laisse un bon paquet de force dans l’affaire mais arrive sans poussée d’adrénaline au relais suivant.

Blocage à la hanche pour ne pas tomber dans L7 !
Fin de L7
Cette fois-ci, c’est à mon tour de subir le réversible ! Je repars dans la longueur suivante, cuite avant même de commencer. Sur le feu, une longueur en 7a+ supposée engagée. Je découvre alors des sensations inconnues et dont je me serais bien passée. Je ne maîtrise plus mon corps : tremblements, daubante extrême en moins de deux mouvements et plus je me concentre à serrer les prises plus j’ai les doigts qui s’ouvrent… 
 Je peine déjà en point à point avant d’arriver au crux de la longueur. A cet endroit, le point suivant est situé 4-5 mètres plus haut et 4-5 mètres à droite. En plus, il est indiqué dans le topo d’y arriver par la droite où un bac salvateur s’y trouve pour le clipper. Je fais un premier essai en tirant droit vers le point ce qui me permet de repérer quelques prises et il me semble deviner le fameux bac encore 2 mètres plus haut. Demi-tour obligatoire moins une avant la chute, ne maîtrisant plus ma tenue de prise. Le prochain essai sera « a muerte » ! 
 J’optimise les premiers mètres repérés, engage un mouvement aléatoire, revalide visuellement la prise considérée comme bac salvateur et me prépare pour envoyer dessus. En guise de main gauche, je n’ai rien trouvé de mieux qu’une cupule goutte d’eau que j’arque en mono. Vu la faible raideur du mur, j’aurais habituellement très bien tenu cette prise. Mais là plus je me concentre pour l’arquer un peu plus fort et transmettre à mon biceps, plus je sens qu’elle m’échappe. Il ne faut pas tarder une seconde de plus et je me rue sur la prise anticipée. « Aaaaaaah !! ». A peine la prise touchée que ce son sort de ma bouche. Celle que j’avais repérée est en fait un leurre et je vais tomber, je suis déjà en train de tomber. Mon corps et mon cœur l’ont compris ! Cette chute que j’ai voulu éviter et que je pensais pouvoir dominer avec le mental et la rapidité va bien m’avoir ! 
 Mais un sursaut de lucidité et certainement un instinct de survie n’acceptent cet échec et prennent le dessus en moi. Mon bras droit se déplace à la vitesse de l’éclair et mes doigts se précipitent sur le réel bac que je n’ai même pas eu le temps de repérer consciemment… 
 Cela arrête ma chute à peine entamée et tout ce surplus d’émotions m’amène à éclater de rire avant même de poser la dégaine et de me sécuriser. Je déborde de joie à l’idée d’avoir réussi à éviter un moment désagréable et les frissons que me procurent autant d’émotions me rappellent que c’est bien pour ces sensations que je grimpe !

Fin de L8 7a+, le gaz se fait sentir
  La fin de longueur est laborieuse vu l’état de fraicheur et une pause m’est nécessaire alors je propose de laisser la main pour les deux prochaines longueurs pour ne pas avoir à les enchaîner d’affilée et à la place festin ! Un sandwich plus tard, l’énergie est remontée et j’enchaîne la 11eme et dernière longueur dure en 7a, plutôt bloc, à lecture et prise de décisions !

Début de L9 7c
Fin de L9
 Il ne nous reste que la partie sommitale qui ressemble étrangement au socle schisteux. Les deux friends que nous avons emportés (0,75 et 1) s’avèrent indispensables pour les deux dernières longueurs (comme pour la plupart des autres longueurs d’ailleurs pour atténuer l’engagement) et Alex se retrouve à tirer une longueur de 60m toute en traversée pour atteindre le plateau. Un brin d’alpinisme refait surface pour me rappeler que la paroi d’Anterne n’est pas une face anodine et que la course est plus que complète et s’éloigne drastiquement d’une basique grande voie en calcaire.

Fin de L10 7b
Fin de L11 7a
 L’arrivée au sommet, dans les pentes herbeuses et ensoleillées des alpages d’altitude, contraste avec l’austérité de la paroi et la journée d’efforts que nous venons de vivre dans l’ombre de la face. Le franchissement du dernier bloc qui donne accès aux pâturages accueillants marque la frontière symbolique entre le monde vertical et pédestre. La tension, les doutes et la pression peuvent enfin retomber et laissent place au relâchement. Il est 17h et nous profitons de quelques minutes pour savourer ce moment hors temps devant le panorama de la chaîne avec un cours de géographie montagnarde au passage. Puis c’est l’heure de repartir… Il nous reste encore 3h de marche par les chalets de Sales pour retrouver le camion.

Un panorama qui mérite le déplacement
 Cette voie me faisait rêver depuis plus de 3 ans et je suis contente d’avoir été assez patiente mais persévérante pour attendre le moment opportun et apprécier cette journée dans sa globalité, à sa juste valeur et dans les meilleures conditions. Encore un beau moment de grimpe et de partage à deux pas de la maison !