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mardi 29 août 2017

Le Serpent à Sornettes au Pertuis



A la base, l’objectif était d’aller visiter une voie dans la paroi d’Anterne aux Fiz avec Stéphane Hanssens. Aller dans cette face demande une météo irréprochable le jour même ainsi quelques jours auparavant. Après quelques hésitations, au vu de la météo mitigée, nous renonçons à ce plan et cherchons un plan B. Merci météo pourrie de m’avoir poussée à la salle et fait discuter avec Pierre qui me parle du Serpent à Sornettes au Pertuis, une voie de Mussato.
 
J’avais déjà entendu parler de cette voie mais avais trouvé peu d’infos. Je ne connais pas du tout le Pertuis et seul le topo de Mussato dont l’accès est assez succinct montrait un peu la voie. 

Le topo de Mussato

S’en suit une véritable chasse aux trésors pour comprendre où se garer puis quelle piste emprunter. Armée des trois lignes de l’accès de Mussato, de Google Maps en mode satellite et des quelques récits de courses rentrés sur Camptocamp dans des voies au Pertuis, mais bien sûr pas dans le Serpent à Sornettes, j’entrecroise les informations pour déduire à peu près quel chemin prendre et où se trouve notre voie dans la grande face du Pertuis.

Parking et approche
 En réalité, la voie se trouve bien en face Sud, quelques dizaines de mètres après le Pilier des Chercheurs d’Or qui annonce le changement d’orientation de la face dans le beau mur gris qui laisse présager un calcaire compact et exigeant !

La face et quelques repères
  Nous partons donc le samedi soir pour dormir sur le parking. Levé 6h et première déception quand nous nous rendons compte que la bouteille de gaz est vide… Il faudra faire sans café pour se réveiller. L’approche se passe plutôt bien jusqu’au pied de la face et on se dit que les 2h annoncées sont assez exagérées. Mais nous ne sommes pas au pied de la voie… Notre stratégie est de longer la face vers le Sud jusqu’à tomber sur la voie en espérant ne pas l’avoir déjà dépassée ! Très vite, nous nous retrouvons sur des vires herbeuses et aériennes où il ne vaut mieux pas tomber. Bref, on n’avance pas, on longe une face avec du rocher qui ne nous fait vraiment pas rêver et on commence à douter que c’est bien par là. Finalement, on persiste encore vers le sud en se disant que le beau rocher sera certainement derrière ce pilier qu’on devine. Cette fois, on a de la chance et après 2h30 d’approche, nous sommes enfin au pied de notre voie qui a l’air vraiment classe.
En réalité, pour l’approche, il vaut mieux tirer au maximum à droite en diagonal dans la forêt, au mieux, pour atteindre le pied de la face au niveau du pilier des Chercheurs d’Or comme sur le chemin Google Maps.

L1 7b : rocher moyen et section bloc
 Steph part dans la première longueur en 7b qui n’a pas l’air magnifique et qui louvoie dans du rocher moyen. Un bon crux bloc au milieu de la longueur nous fait serrer les prises à froid et amène l’onglée qui va bien. Au moins, on est dans l’ambiance !

Début de L3 et belle dalle grise de L2 en dessous
 Le soleil arrive au premier relais et je pars dans la deuxième longueur en 6c+ un peu réchauffée. C’est une longueur sur trous dans un beau rocher gris. Sans une trace de magnésie, il faut bien réfléchir pour choisir l’itinéraire entre les points. Ca louvoie beaucoup, le serpent se met en place !

L3 7b+ : mur technique à petites prises
 Le relais est un peu posé au milieu de nulle part dans la dalle et Steph continue dans L3 en 7b+. Une section vers la fin de la longueur lui demande pas mal de réflexions pour finalement trouver la prise salvatrice. Finalement, ce n’est pas si dur.

L4 7a+ et la fin du rocher péteux pour Steph
Le pilier de L4
 L4 en 7a+ commence dans un dévers jaune et péteux. Ca ne me donne pas bien envie… Les 6 premiers mètres de la longueur doivent être les moins beaux de la voie. Mais après un bon fight, je me rétablis sur une dalle et remonte un pilier incroyable, un coup d’un côté, un coup de l’autre et me fait complétement oublier le début de longueur.

L5 8a : court et intense
 Nous voilà au pied du premier 8a, les dégaines sont quasiment toutes en place ! Le début en fissure est un peu mouillé mais la suite sur des trous et règles en traversée vers la droite est parfaite. Steph se bat bien et bloque sur une redescente. La longueur est vraiment courte, une dizaine de mètres, et donc bien teigneuse… J’essaye quand même en moul, flashée, et quelques secondes plus tard, me retrouve à pendouiller au bout de ma corde au niveau de la redescente. En fait c’est un peu dévers !! Petite remontée sur corde où je force tout ce que je peux et c’est reparti ! On essaiera les mouvements en tête la prochaine fois.

L6 8a : fin dalleuse
Ca arque jusqu'au bout
La longueur 6 est 8a aussi et traverse vers la gauche cette fois. Un gros pas de bloc au quatrième point me laisse perplexe et je poursuis en me rétablissant dans une dalle grise, un peu salpêtreuse et glissante, ultra technique mais sacrément classe.

L7 7c+ : ça part à gauche
puis ça revient à droite
 La suite en 7c+ est assez étonnante, on fait un gros crochet à gauche pour ensuite revenir exactement au-dessus du relais, seulement 10 m plus haut. A ce rythme, on ne monte pas bien vite dans la face !! Le serpent est bien en place.

L7 toujours en dalle...
  Steph prend bien son temps et reste posé, jusqu’au relais qu’on négocie par le haut (!) et enchaîne cette belle longueur, laborieuse et exigeante. Je ne suis pas loin de faire pareil, flashée, mais craque à 50 cm du relais et pendule au pied de Steph !
 
Les bons sandwichs de Cedric
Il est temps de faire une petite pause pour recharger les batteries. Mais parfois, il ne vaut peut-être mieux pas s’arrêter… Je repars dans la longueur suivante L8 en 7a+. Une traversée à droite, courte, avec peu de points et… peu de prises ! Je galère un bon moment à trouver une solution et au moment où j’envisage de me laisser tomber, j’essaye quand même de pousser sur ces pieds à plats et miraculeusement, ils restent en place et j’atteins une bonne prise ! Ce rocher est incroyable, depuis la longueur précédente, il est ultra adhérent !

Sans les mains dans L8...

Steph arrive au bout de L8 7a+
 Steph poursuit dans L9 en 7a+ également. Tout aussi courte mais un peu plus teigneuse. Je commence à sentir toutes les douleurs de mon corps, la peau des doigts, les pieds, les biceps. Et quand on commence à s’écouter c’est vraiment pas bon !

L9 7a+ tout en trav encore
 En subissant, je poursuis dans L10 en 8a. Je n’y vais pas pour enchaîner mais pour monter la corde. Points à points, laborieusement, j’avance. Ma lucidité s’en est allé, si bien que je ne vois pas le relais et continue dans la longueur suivante en 7b+. Ca ne me choque pas, la longueur était mentionnée comme longue et je suis tellement au bout que je ne me rends même pas compte que c’est plus facile !! En fait, je ne trouve même pas la suite beaucoup plus facile même si je grimpe mieux entre les points.

Avant la fin des haricots...
 J’arrive à la vire suivante complétement explosée, après 55 m. Et là mon corps se met automatiquement en mode survis : relais, hissage, assurage, manger, boire, se coucher, manger, re boire et… éventuellement assurer ! Pauvre Steph ! Ca va qu’il ne s’arrête pas à ça. Il me félicite de l’effort et me dit que j’ai fait les deux longueurs… Hmm c’est vrai que c’était un bel effort ! En échange, pour qu’il ne soit pas en reste, je lui propose gentiment de faire les deux longueurs suivantes en une qui nous mèneront au sommet.
 
Cuite à R11...
L12 est coté 6b+ et L13 7b, on se dit que ça va enfin dérouler mais pas du tout. On a droit à un bon pas de bloc pas très joli. Quant à la dernière longueur, elle remonte un pilier à droite d’une cheminée. On était tellement éclaté qu’on a préféré passer par la cheminée et observer le pilier à la descente ! Méfiate, la fin ne déroule pas du tout. Il faut en avoir encore un peu sous le coude pour ne pas tomber ou tout simplement pour apprécier.

Arrivée au sommet
 La descente se fait en rappel en évitant les relais desaxés et en reclippant quelques dégaines. A 19h30 on avait bien mérité notre tablette de chocolat au pied de la voie !

Sommet !
 Le retour au camion était bien plus rapide en connaissant l’accès et en descendant directement dans la forêt plutôt qu’en longeant la falaise. A 21h, nous étions au camion après une bonne grosse journée d’effort.
La voie est franchement classe, à grosse dominante dalle technique et exigeante. Et envisager l’enchaînement à la journée demanderait beaucoup de travail et reste un bon défi. Mais peut-être bien que ça pourrait me motiver !
Merci Steph pour cette belle journée !



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