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samedi 20 juin 2015

Les coulisses du Karo


L’histoire du Karo commence il y a exactement deux ans. Comme toutes les belles histoires, celle-ci commence par un « oui »... 

Un oui et voilà, j’entame un stage de césure aux Houches, chez Simond. On m'y demande de concevoir notamment un système d'assurage monocorde à prix bas. De fil en aiguilles, d’idées en idées, l’objet se modèle, se façonne et petit à petit, il prend forme. D’un simple tube, l’idée d’une gorge de blocage apparaît, un confort pour l’assureur, une sécurité pour le grimpeur, tout est manuel.  Une forme asymétrique sur le bas du système d'assurage couplé à une gorge de freinage en V procurent un freinage que nous jugeons suffisant pour une utilisation avec des cordes fines.

Création du trou central
Création de la forme asymétrique ajoutant du freinage
Un premier prototype terminé

On ajuste son design.

Un Karo... épuré

On le teste mécaniquement.  

Test de rupture

On l’essaye sur le terrain avec Vincent notamment. 
Ca tient !

Puis ce petit bout de métal est validé et je passe le relais. Je pars m’amuser à l’autre bout du monde et toute l’équipe s’occupe alors  du bébé. Quelle mauvaise maman ! Pour le nom, non je n’ai pas eu un surplus d’égo... Je n’ai d’ailleurs même pas eu mon mot à dire. C’est un petit hommage comme toutes les belles histoires...



Pour s’occuper du bébé, ils n’ont pas fait les choses à moitié chez Simond. Entre le bureau d’études, la communication et la production, ils sont arrivés aux Innovation Awards de Décathlon, cérémonie intra entreprise qui récompense chaque année les meilleures innovations des marques de Décathlon, bien préparés et sont repartis avec la seconde place ! Le petit Karo est déjà grand. 

Podium des Innovation Awards

Si grand qu’il change même de catégorie et essaye de concurrencer ses copains les décapsuleurs ! A vous de juger de son niveau mais en tout cas, vous n’aurez plus d’excuse autour du feu au pied de Ceuse ! 


Bon d’un point de vue plus pratique et pragmatique, on n’est pas dans la catégorie des grigri et autres autobloquants mais bien dans celle des systèmes d’assurage de base type tubes. Et oui pour 9,95€ c’est pas encore le monde des bisounours ici ! Le blocage se fait manuellement et volontairement et aucune sécurité n’assure le blocage immuable de la corde si ce n’est la tenue de la corde par la main de l’assureur (comme un grigri au fait !). 
Pub Karo

Du coup vous pouvez assurer comme d’habitude avec un tube et quand vous en avez marre que votre copain grimpeur saucisson pendouille au bout de la corde, vous mettez  votre brin dans la gorge de blocage et vous le regardez brosser, chercher, râler pendant que vous vous reposez ! Ah puis si malgré tous les repérages, il ne fait que tomber, vous serez dans une situation connue et pourrez le dynamiser sans blocage et sans qu’il se fasse les chevilles dans la dalle du dessous !

En action
Si vous êtes curieux, le Karo se trouve dans tous les magasins Décathlon mais faites gaffe, avec ses 40 g vous risquez de l'oublier au fond de votre sac...

mardi 14 avril 2015

Autridge et La Belle Endormie

Premier week-end en équipe en comité restreint : Antoine, Gabriel, Arnaud et moi. Nous tranchons pour Autridge, la belle falaise perchée au-dessus des gorges de l’Ardèche. Personne ne connaît à part Antoine. Pour lui c’est un peu son jardin. Notre local a quasiment fait toutes les voies et nous transmet son envie... Il ne lui reste que La Belle Endormie 7b max, Max Havelaar 8a+ max 150m ou d’autres encore un cran au-dessus. L’enthousiasme est débordant mais on se freine un peu pour aller dans des choses abordables. Malgré cela, Arnaud et moi se projetons dans Felicity 7c max sur 150 m tandis qu’Antoine et Gabriel optent pour La Belle Endormie.

La première longueur de Felicity...

Felicity démarre au centre de la baume et remonte le long d’un réseau de colos... On n’en voit plus le bout ! Nous ne ferons pas long feu dans cette voie. Le première longueur en 7a+ donne le ton : c’est ultra physique, encore plus que ce qui était prévisible (!) et c’est plutôt sale après les résurgences de l’hiver et le peu de passage. Bref, je me fait rouster et nous réorientons sagement vers une voie moins déversante pour ce début de saison ! La première longueur nous aura au moins bien échauffée (si ce n’est plus...) !

Nous retrouvons alors Antoine et Gabriel dans la Belle Endormie. La caractéristique de cette voie est de proposer à nos petites mains de remonter une colo perchée et isolée en 7eme longueur : la belle endormie attend son heure.

La voie commence au bord de l’Ardèche avec deux longueurs sous la vire du chemin (L1 : 6b+, L2 : 7a). Avec nos déboires dans Felicity, nous retrouvons nos deux copains à ce niveau là, leur laissons un peu d’avance puis les suivons à la trace.

Gabriel dans L3 de La Belle Endormie

La longueur 3, 6c, demande de l’attention. Le rocher n’est pas toujours très bon et un bon de bloc sur le piler demande finesse et concentration. Mais curieusement l’escalade de la première moitié  est vraiment jolie à cet endroit.

La suite, L4 en 7a+, louvoie sur du beau rocher et sculpté. Des petits trous en début de longueur laissent ensuite place à de petites cannelures verticales pas toujours faciles à négocier. Belle longueur.

L5, 7a, est plutôt classique et ne présente pas de grosses difficultés si ce n’est peut-être une fissure un peu physique à remonter.

L6 comme sur des oeufs...

On arrive ensuite à un grosse niche où la sieste est de rigueur ! On en profite quand même pour observer les copains dans L6, 7b et les encourager.

Arnaud dans la fin de L7

C’est clairement la longueur la plus dure, pas pour les qualités grimpesques nécessaires mais pour l’expérience à déployer dans le test des prises et le choix de l’itinéraire. L’escalade en ressort exigeante et quelque peu teigneuse.

L7 et sa belle colo endormie

L7, 7a+, présente la fameuse colonette ! Un petit bijou de la nature ! Mais l’équipement ne me fait pas trop rêver, un relais très à gauche et une chute potentielle bien en traversée. On se dit avec Arnaud que ce serait presque mieux d’enchainer directement sans faire ce crochet à gauche pour le relais. Mais c’est comme ça ! La colo, bien que courte est physique et la suite en dalle plutôt finaude. Une superbe longueur !!

Arnaud se régale dans L8

L8, 7a, nous propose une traversée légèrement descendante sur petites prises et très technique puis la suite est facile.

Fin de L8, avec style ! ;)

La dernière longueur en 6c ne nous attire pas du tout. La sortie du relais semble très bloc sur un bombé et l’itinéraire un peu tiré par les cheveux. Nous optons finalement pour la sortie directe qui doit autour de 5+ ! Très jolie pour finir cette voie bien massée !

Antoine apprécie les cadeaux du plateau karstique ardéchois !

Autridge, c’est vraiment une superbe falaise autant pour les grandes voies soutenues que pour les couennes sur colo que les copains tâteront le lendemain. A découvrir sans se laisser impressionner par certaines voies peu fréquentées !


lundi 6 avril 2015

Sélection équipe grandes voies PACA

Le week-end dernier avait lieu la « sélection » de la oh combien prestigieuse nouvelle équipe FFCAM grandes voies de la région PACA sous les yeux experts d’Arnaud Petit ! 

L’occasion de rassembler 12 lurons, pour faire connaissance, papoter, discuter, se projeter et accessoirement se mettre au tas en grimpant dans une ambiance sacrément décontractée !

Une bonne partie de l'équipe
Première journée à la Paroi Jaune d’Orpierre, secteur bien plus récent que le château et que je ne connaissais toujours pas. Exposition plein Sud, avec 15°C au compteur... on crame ! Les condis sont absentes mais les gentilles cotations sont bel et bien là... Ca compense ! 

Découverte de la Paroi Jaune
Les uns vont dans le chantier du jour un 8a+ légèrement déversant pendant que d’autres vont tater la fissure du haut du 7a Misère pour tester leurs placements de friends. Quant à moi je retrouve des sensations en falaise après deux mois de pause. Je fais tant bien que mal un superbe 7c/+ à vue, 44m de grimpe, des repos excellents mais surtout des bouteilles comme rarement ! Si on se dit qu’il faut en empiler presqu’une dizaine pour faire une grande voie, c’est pas gagné !

Top départ
Le lendemain, test cardio avec la montée à Ceüse... Puis remise des pendules à l’heure avec la grimpe ! C’est sûr qu’on n’est plus à Orpierre là ! Les voies sont encore un peu sales après l’hiver ce qui engendre de beaux combats entre les points. Le secteur de Demi-Lune sera notre hôte avec des visites dans plusieurs classiques La Javanaise 7a, Melodie Nelson 7a+, Femme Noire 7c, Tout n’est pas si facile 7c+ et Femme blanche 8a+ mais moins de concrétisations seront à noter que la veille !

Echauffement dans La Javanaise
Fin du week-end et choix difficile pour la constitution de l’équipe. Nous serons finalement 9 et les premières aventures commencent dès ce week-end avec quelques jours à Autridge en comité réduit pour les plus dispos : Antoine Lapostolle, Gabriel Miloche, Arnaud et moi.

samedi 7 février 2015

Les imprévus de la vie



Ce devait être un trip retrouvaille avec Céline, où Félix Neumarker, Cédric Lachat  et éventuellement Laura Neveu nous auraient rejointes pour découvrir un peu plus en profondeur la région autour d’Oliana, l’Alt Urgell, que développe David Gambus depuis bientôt 5 ans...

En attente des condis à Siurana...
Mais bon, parfois la vie est faite d’imprévus... Céline en a fait les frais et on ne l’a pas vue du séjour... Quant à la région de l’Alt Urgell, nous n’y avons passé que quelques jours et ce tout à la fin.

Y'en a un qui aimerait bien manger le même repas que nous...

Parfois, il faut se laisser porter par les évènements. Cédric étant déjà sur place, le plan ne tombe pas tout à fait à l’eau et je le retrouve à Siurana en milieu d’après-midi. Un petit essai dans la Reina Mora 8c+/9a et bim c’est le steak... Du coup, les jours suivants, on va où j’ai envie c’est-à-dire Margalef ! Et sur le parking d’Espadelles, on croise Laura, par hasard ! Et voilà, c’est parti ! Le trip peut commencer !

Ombre et lumière
 
Retour dans Toni Kaneloni 8a+ mais décidément les petits biceps ne sont toujours pas assez forts... Puis on subit un peu la météo et le brouillard caractéristique de la Sierra de Montsant qui ne se lève... pas avant la nuit ! Les occupations ne se font pas attendre. On trouve un petit spot de gonflage au sommet de Siurana pour une initiation express !

Des conditions de vent pas simples pour une première fois...
Après-midi crêpes près du poêle
 
 Et puis le 9 janvier, le jour d’anniversaire de la miss, nous avons droit à la journée top condis : grosse collante avec un doux soleil. Ce jour-là, Cédric ne fait qu’une bouchée de la Reina Mora pendant que nous mettons de bons essais dans Pati pa mi 8a+/b.

Bon anniversaire Laura !

Le soir, on retrouve Félix à Reus et on file plus au Sud pour fuir le froid qui s’annonce autour de Siurana. Chulilla sera notre hôte pour une dizaine de jours. C’est drôle, on retrouve tous les grimpeurs de Siurana, au fur et à mesure de la désertion des lieux... Grimpe à l’ombre en débardeur, ça nous change ! 

Chulilla, le retour !
Cours de français pour Félix !

Félix, après avoir pris la température des lieux avec quelques 8b à vue, se lance dans un projet : la deuxième longueur de la Muntanya Magica 8a+/b. Après la première longueur en colos, un beau mur gris l’attend qui devait selon lui faire rapidement... Mais au bout d’une semaine d’essais, la voie reste à l’état de projet ! Il faudra attendre le dernier jour pour que la pression, les condis de collante ou bien l’état de forme de la machine veuillent bien lui laisser clipper le relais sans s’envoler dans les airs ! Finalement, il estime plutôt cela à 8c+ Chulilla !
 
Un matin au soleil...

Pendant ce temps, Cédric est contraint à la grimpe à deux doigts et nous gratifie de plats gastronomiques assaisonnés à ses bouts de peau malencontreusement coupée ! Tout strappé du bout des doigts, il arrive quand même à faire au premier essai le nouveau 8c, Telroc, tout court et teigneux et surtout  sur croutes !

Les mecs à la cuisine...
...et les nanas, un verre à la main !

De mon côté je fais plein de jolis 8a au premier essai : La boca de la voz, El capataz incapaz, Agente naranja et El gran dinausorio blanco.

Repos plus que total dans El capataz incapaz
Barbeuc viande et poisson pour mes 25 ans !
Nico au départ d'El bufa 7c+/8a

Mais la meilleure journée, c’était quand même la journée de repos à Valence ! On a fait les bons touristes et qu’est-ce que ça fait du bien !! Se baigner un 15 janvier ou s’enterrer dans le sable, c’est quand même pas possible partout ! Et les jeux pour enfants de Valence sont juste hallucinants... Plus besoin d’aller au parc d’attractions !
 
En route les citadins !
Resto touristique
La température de l'eau n'est pas du goût de tout le monde ...
Un jeu... pour les grands !
Euh...
De vrais enfants devant les bonbons...

Notre petit groupe, déjà composé d’un suisse, d’un allemand et de deux françaises, s’internationalise encore un peu plus quand nous retrouvons le belge Nico Favresse ou Colette McInerney, américaine ou encore d’autres amis espagnols... Bref, on joue de la traduction mais heureusement la musique de Nico est universelle !

 Nico à l'oeuvre
Séance de yoga-gainage
 
Le dernier jour à Chulilla, nous visitons le nouveau secteur de Canaveral où l’effervescence espagnole est bien présente. Un bon concentré de voies dures, bien plus dures que ne l’indique le topo... Apparemment, c’est évident qu’il ne faut pas se fier au topo et qu’il faut aller voir les dernières mises à jour sur ClimbMaps ! En tous les cas, ce nouveau site, accessible en particulier aux équipeurs, est très bien fait et permet de connaître les dernières voies ainsi que les cotations de tout Chulilla. Fort utile notamment pour le secteur Chorerras, peu détaillé dans le topo, ou Canaveral dont les cotations du topo sont parfois aberrantes.

Changement d'activité ! ;)
Prochain projet... ?

Laura se soigne... avec les méthodes de Nico !

On envisage de terminer le trip par un passage dans l’Alt Urgell après avoir déposé Félix à l’aéroport à Barcelone... Mais, mais, mais ... C’était sans compter sur la panne du camion du petit suisse ! Alternateur HS et nous voilà dans une petite ville en bord de mer non loin de Valence (mais ce n’est pas Valence !) sous la pluie et en hors saison. Quand je vous dis que les imprévus font parfois bien les choses... Nous terminons à l’hôtel, au chaud, au sec et avec pleeeeein de confort !

Encore en panne...

Du coup Félix prend le train et une fois la panne réparée, nous filons au nord. Nous sommes accueillis par David, toujours aussi heureux de nous faire visiter sa région. Cette fois, il nous emmène à Galliner. Depuis qu’il m’a envoyé cette photo, il y a plus d’un an, je rêve de découvrir ce secteur.
 
Le secteur de Galliner

En novembre, avec Max nous avions été conquis par le petit village de Canelles et par le caillou à perte de vue tout autour... J’étais loin de penser que ces longues barres abritaient ce petit secteur qui me faisait tant envie !

Les barres quasi vierges vues depuis Canelles.
Dedans se cachent les secteurs Safari et Galliner
 
Encore une fois, on est contents d’être avec lui car l’accès est raccourci avec un 4x4 et surtout le raccourci est introuvable sans LE connaisseur ! (Sinon il y a un chemin qui mène à la falaise en 1h30 sans nécessité de 4x4). On marche quand même 45 bonnes minutes entre broussailles et vires, on passe devant d’immenses murs encore vierges et on finit par arriver au secteur ! Le potentiel de grimpe ici est énorme, les voies  déjà ouvertes de qualité, beaucoup de voies dures, il ne manque plus qu’un sentier digne de ce nom pour assurer la renommée du secteur.

Arrivée au secteur...

Il y a de quoi faire !

Cédric s’occupe de « Ni blog ni facebook », un 8c+ de 60m équipé par David, que seuls lui et Adam Ondra ont libéré et, en 2 petits essais, il devient le second répétiteur.

David en action dans un projet dur Kase.o

Nous faisons ensuite découvrir à Cédric le secteur de la Feixa, où cette fois le 4x4 est plus que nécessaire pour éviter de marcher depuis les secteurs classiques de Coll de Nargo soit bien 2h30... Pour une journée de falaise, c’est compliqué ! Tout remonté de sa croix de la veille, Cédric envisage de faire rapidement le projet fraichement libéré de David, qui tourne autour de 8c+/9a selon notre local. Mais ! Il s’avère que la voie est plus dure qu’escomptée et le froid n’aidant pas, nous filons boire un chocolat chaud ! En tout cas, il semblerait que ce soit un bon 9a. Et pendant ce temps, notre équipeur fou ouvre deux voies un peu en contrebas dans de belles dalles grises.

Bianca, la gardienne des brebis et la Feixa en fond

Nous terminons le séjour à Perles, retour à des sites fréquentés et plus abordables en termes de cotations... Cédric y réalise en deux essais le 9a classique d’Esclatamasters tandis que je fais un magnifique 7c+ en mur à vue, Lolo Yonki. Bim, bam, quelques photos dans sa voie avec Raph et on rentre en France !

Le piler de Frederic Balsara en 7b+/c
Photo : Raphaël Fourau
Cédric dans Esclatamasters 9a
Photo : Raphaël Fourau


Merci les copains pour ce magnifique mois !